En Guinée, un village de pêcheurs menacé par la montée des eaux

Sharing is caring!

Sur la côte ouest de Guinée, un village de pêcheurs est menacé par la montée des eaux : Kitikata. L’absence de routes et la vie difficile ont contraint de nombreux habitants à migrer vers les localités avoisinantes. Ceux restés sur place sont condamnés à vivre avec les intempéries.

Le pont qui relie le village à la sous-préfecture

Isolé des autres contrées de la sous‐préfecture de Koba, Kitikata se trouve entre l’océan et le marais, sur le littoral. Pas de route pour les riverains. Ils tentent leur chance sur un pont archaïque fait en bois pour rallier Taborya, le secteur de vente et d’achat de ces pêcheurs. Après sept kilomètres environ, le village présente une trentaine de cases modestes.

Ici, le réchauffement climatique frappe les côtes. Chaque année, une bonne partie de la terre ferme est engloutie par les eaux. Les autochtones affirment avoir reculé d’environ 800 mètres depuis 2011. Sur le rivage, les menaces de l’océan sont visibles : des résidus d’arbres fruitiers et de dalles se confondent avec l’étendue de sable. « Autrefois, le littoral était couvert par les plantations de bananes. Mais, hélas de nos jours, l’eau et le sable les ont remplacés. Nous sommes donc obligés de céder de la place à l’eau tous les ans », témoigne Ibrahima Kaba, habitant de ce débarcadère.

Selon l’océanographe et chercheur du centre de recherche scientifique de Rogbanè (cerescor) Kandet Bangoura, la montée des eaux est un phénomène qui touche le monde entier. « Sur les côtes maritimes mondiales, l’eau augmente de trois millimètres par an. Les menaces de l’eau sont réelles à Kitikata», explique-t‐il.

Souvent, les cases cèdent sous la pluie

En cette saison pluvieuse, la précarité des habitations inquiète. La pluie tombe, accompagnée des vents violents. Souvent, les cases n’y résistent pas. Rencontré au port de Koba, Mamadou Sow raconte qu’il vivait auparavant à Kitikata. « J’y vendais des cigarettes et des bonbons. Une nuit, j’ai été dérangé par l’eau. Ma marchandise a été mouillée. Depuis, je suis parti pour vendre au port de Taborya », raconte ce jeune marchand. Mamadou affirme également qu’une vingtaine de familles de Kitikata vit désormais ailleurs, dans d’autres agglomérations comme Tanènè, le grand carrefour situé à 30 kilomètres avant la sous‐préfecture.

« Nous n’avons nulle part où aller, affirme Fantamas Bangoura, le chef de port de Kitikata. Ce village est tout ce que nous avons de précieux. Grâce aux produits de la mer, le quotidien est gagné. Ce n’est pas facile de rester chez nous, mais partout dans le pays il y a des difficultés ; nous essayons de surmonter les nôtres en espérant que nos conditions de vie vont changer un jour. »

Les autorités locales semblent se saisir du problème. « Plusieurs courriers on été adressés à l’Assemblée nationale, notamment à la commission des députés chargés de l’environnement. Mais jusqu’à présent nous attendons leur appui afin de renforcer les barrières de protection que constituent les mangroves », déclare Lamine Toure, sous‐préfet de Koba,.

Pour l’heure, l’eau continue d’avancer sur la terre ferme à Kitikata. Si rien n’est fait, les risques sont élevés que ce village du littoral guinéen soit définitivement rayé sur la carte du pays.

Sharing is caring!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*